Tente et bivouac
À travers l'Allier à vélo
Avec les enfants

De Nantes aux Volcans d'Auvergne avec notre fils d'1 an

650 km à vélo par les petites routes avec notre loupiot dans la remorque

Florent et sa petite famille nous racontent leur premier grand voyage à vélo à 3. 

  • Départ - Arrivée : Nantes - Riom (Puy-de-dôme)
  • Distance : 657 km
  • Crevaisons : 2 (sur la remorque)
  • Nombre de nuits dehors : 11

Le pourquoi du comment

C’est souvent dans les derniers jours qui précèdent les vacances que nos projets se dessinent vraiment et on ne parle pas que du vélo ! 

Cette année, on voulait faire simple (si si c'est simple vous verrez 😉), ne pas avoir trop de contraintes, ne pas s’occuper de réserver un lieu à l'avance et de surtout prendre du temps à trois.
Alors voilà, on va partir de chez nous (Nantes) et rejoindre la maison familiale à proximité de Clermont-Ferrand, 650 kilomètres plus loin. Une semi traversée de la France par ses campagnes et petits villages en évitant les lieux touristiques et les grands axes.

Il ne s’agit pas de notre première excursion à vélo, nous avons fait un test avec notre fiston en mai, pour son premier anniversaire !

Voyager avec un enfant à vélo en bas âge c'est surtout beaucoup de questions autour de l'enfant : comment le transporter ? le nourrir ? le coucher ? le laver ?...

Pour résumer, c'est avant tout une histoire de concession plus qu'une préparation matérielle. Accepter qu'il puisse manger froid, qu'il ne soit pas Mr Propre tous les jours, de laisser ses jeux à la maison parce qu'il en trouvera plein sur la route...

On a pédalé entre 40 et 70km par jour sur 12 jours, la canicule nous a contraint à ralentir le rythme !

Voie verte de carquefou

La route va être longue

Jour 1 : Nantes – Riaillé

Avant de s'élancer vraiment, on a fait un crochet au nord de Nantes pour voir de la famille en passant par la voie verte Carquefou - Saint-Mars-la-Jaille. Un itinéraire que nous connaissons bien mais qui fût la journée la plus difficile. Pas de jambes, fatigue, coup de chaud, bref de quoi se poser des questions pour la suite. On reste une journée dans la famille pour se reposer avant de reprendre la route !

Bercés par la Loire

Bercés par la Loire

Jour 2 & 3 : Riaillé – Candes-Saint-Martin

Allez, on oublie la "journée test" et nous repartons dans la bonne humeur pour rejoindre les rives de la Loire à Ancenis. On teste les variantes de La Loire à Vélo qui sont plus ou moins intéressantes. Même si les lieux traversés nous sont familiers, c’est toujours un plaisir de les redécouvrir à vélo. La Loire au réveil révèle toute sa beauté, la traversée des villages de tuffeau, ses points de vues. Un ami nous rejoint à Saumur pour pédaler avec nous quelques jours. Le petit apprécie la balade et a l'air d'avoir déjà trouvé ses marques dans sa nouvelle maison.

On a aimé ❤ :

  • La facilité du parcours
  • L’ambiance "Loire" surtout le matin au réveil !
  • Le passage dans les Troglos après Saumur
  • La dégustation de vin chez Targé
  • Le spot de la nuit face au château de Montsoreau

Un tour en Tourraine

Jour 4 : Candes-Saint-Martin - Saint-Épain

Nous quittons la Loire pour la Vienne après une grimpette au dessus de Candes-Saint-Martin pour contempler la confluence Vienne/Loire. La Vienne est notre nouveau fil conducteur jusqu'à Chinon où nous établissons un pique-nique au bord de l'eau avant d'entreprendre une étouffante traversée du vignoble jusqu'à l'île Bouchard.

Il fait chaud et les gourdes se vident rapidement !

Suivre la Vienne semble ensuite plus compliqué, nous optons pour une traversée de la Touraine par les terres. Notre parcours est jalonné d'anciens corps de fermes qui s'élèvent au dessus des champs de blé. Et pour couronner cette journée champêtre, nous bivouaquons dans un pré au milieu des bottes de foin ! Demain notre ami reprend le train pour retrouver les rives de Loire, nous poursuivrons l'aventure à 3.

On a aimé ❤ :

  • Le point de vue sur la confluence Vienne/ Loire
  • Longer la Vienne
  • Les belles fermes et demeures 
  • Le Saint-Maurs-de-Touraine au pique-nique
De vallées en vallées : Manse, Creuse, Claise

De vallées en vallées : Manse, Creuse, Claise

Jour 5 : Saint-Épain - Bossay-sur-Claise

Nous partons à la fraîche (et oui le petit se réveille à 7 heures...) et rejoignons Saint-Maurs de Touraine en longeant la Manse par de petites routes. Superbe passage à fond de vallons après Saint-Maurs avec succession de villages troglodytes à flan de vallée, on se croirait dans un autre temps. Nous quittons la vallée pour une traversée de collines céréalières jusqu'à Descartes, lovée au bord de la Creuse et qui est bien la ville natale du grand philosophe.

On quitte la Creuse que nous retrouverons plus tard dans notre périple.

La charmante vallée de La Claise est notre guide jusqu'à la limite du marais de la Brenne où on traverse de beaux villages. Le gérant d'un camping nous laisse prendre une douche, la première vraie douche depuis le départ et ça fait du bien...

On a aimé ❤ :

  • Les troglodytes dans la vallée de la Manse
  • Le pique-nique en bord de Claise
  • Les villages de la vallée de la Claise
  • Notre fils, toujours de bonne humeur !

Traversée des marais de la Brenne

Jour 6 : Bossay-sur-Claise - Argenton-sur-Creuse

Les marais de la Brenne était un lieu attendu dans notre périple, ce qui explique aussi le "petit détour" pour en faire la traversée.

À vrai dire, on a été un peu déçus, on s'attendait à plus de points de vue sur les marais.

Il faut dire que la canicule se faisait sentir et avait déjà asséché pas mal d'étangs. En arrivant à Rosnay on longe le centre de transmissions et ses impressionnantes tours métalliques, c'est presque angoissant !  Nous avons rejoint l'ancienne voie ferrée au Sud du marais de la Brenne reconvertie en voie verte qui offre une tranquille descente à proximité de la Creuse. Nous établissons le bivouac en bords de Creuse juste avant Argenton avec une baignade bien méritée dans la rivière ! Un pic de canicule est annoncée pour les prochains jours, nous allons devoir partir plus tôt et s'arrêter avant les pics de chaleurs. 

Canicule Creusoise

Jour 7,8,9 & 10 : Argenton-sur-Creuse - Chambon-sur-Voueize

Nous voilà en Creuse pour les 3 prochains jours qui s'annonceront caniculaires ! Nous levons le camps plus tôt pour rouler un maximum le matin et trouver un coin au frais pour passer l'après-midi. D'Argenton-sur-Creuse on remonte sur le lac d'Eguzon, les premières grosses côtes du périple !! Puis Crozant, La Celle-Dunoise, Châtelus-Malvaleix, Chambon-sur-Voueize en suivant le Tour de Creuse à vélo. La chaleur nous a bien ralenti, on a visé les points d'eau (lac du Bourg-d'hem, plan d'eau de Châtelus-Malvaleix) mais au final on a vraiment bien aimé traverser cette Creuse par ses petites routes. Rouler le matin de bonne heure c'est vraiment le pied !

On a aimé ❤ :

  • Crozant, village perché au dessus de la Creuse
  • L'ambiance matinale sur les petites routes
  • Le lac du Bourg d'Hem
  • Chambon-sur-Voueize

De l'Allier aux Combrailles

Jour 11 : Chambon-sur-Voueize - Roche d'Agoux

Un orage éclate à Chambon-sur-Voueize, la température retombe enfin et la fin de cette traversée commence à pointer son nez...

De la Creuse, que nous quittons à Chambon-sur-Voueize on rejoint la vallée du Cher puis nous montons durement sur les contreforts du massif central jusqu'à la Roche d'Agoux. On pique notre dernière tente à la place de l'ancien château. Un habitant nous saute dessus pour nous proposer la visite guidée du village et de sa charmante chapelle. Demain, un orage est annoncé en fin d'après-midi, il reste 70km et 2 grosses bosses, on se fixe l'objectif d'arriver au bout avant l'orage...

On a aimé ❤ :

  • Chambon-sur-Voueize avec sa belle abbaye
  • La Roche d'Agoux et son panorama

Le dernier jour, l'orage arrive

Aux aurores comme d'habitude nous atteignons le point culminant de notre parcours à la Tour d'Auvergne (720 mètres). Une très longue descente nous attends pour rejoindre la Sioule, un pur plaisir même si on doit faire attention avec le petit dans la remorque. Notre dernier pique-nique au bord de l'eau, mon père m'appelle, il veut faire les derniers derniers kilomètres avec nous. Mais avant la rencontre, la plus coriace montée du trajet nous attends. La voix du tenant du bar dans lequel nous avons pris notre café matinal résonne dans notre tête : "Vous ne la monterez pas avec la remorque ça c'est sûr"

Déterminés, comme un dernier challenge et avec l'envie de faire mentir ce charmant barman, on s'élance dans ces 1000 mètres de montée sur 5km. On s'élève au dessus de la Sioule sur cette route en lacets en plein cagnard. Nous grimpons en un temps record et sans mettre un pied à terre. On est heureux. Mon père nous rejoint et nous terminons la route par des chemins bien connus. L'orage annoncé est bien au rendez-vous, le ciel s'assombri, ça gronde et ça finit par craquer... 1 min après s'être mis à l'abris et à 5km de l'arrivée ! Le temps de commencer à accepter que cette belle aventure à trois est terminée !

Voici le détail de notre préparation et de notre équipement

Pour le transport du petit loup :

Après ce voyage nous pouvons dire que la remorque s'avère être une excellente solution pour transporter un bébé d’un an et +

  • C’est le plus confortable pour lui et il peut faire la sieste
  • L’enfant est protégé du soleil et des intempéries
  • Dans la remorque il se créé son univers
  • La remorque permet de transporter quelques affaires en plus du marmot

Après, il y a remorque vélo et remorque vélo. Nous voulions être sûrs que notre petit bonhomme soit confortablement installé et de ne pas transformer notre aventure en drame à cause d'une remorque inconfortable ! On a fait le choix de la Thule Cab 2 qui est le haut de gamme de Thule. C’est une remorque 2 places avec des sièges inclinables qui permettent d’offrir une position semi-allongée à votre enfant, le top pour une sieste de qualité garantie sans réveil durant 1 heure au moins ;-)

Pour les sceptiques une preuve en image :

Siest enfant dans remorque vélo Thule

On a vraiment aimé la remorque pour :

  • Les suspensions (réglables) qui adoucissent les chocs, on peut même emprunter des chemins (sans trop de cailloux bien sûr)
  • L'assise confortable et ses sièges inclinables
  • Son grand coffre arrière qui permet de ranger des affaires
  • Le fait qu'elle soit pliable et que ses roues s’enlèvent très rapidement, pratique pour le transport et le rangement chez soi

On a moins aimé la remorque pour :

  • Le poids, 16kg en grande partie à cause de la coque du dessous qui est en plastique renforcé mais qui garantit une certaine solidité.
  • Les pneus livrés qui sont juste nuls, il faut absolument mettre des pneus renforcés pour éviter les crevaisons. 
  • Le transport en train qui est compliqué et interdit pour les remorques

Remorque Thule, ça passe partout !


Pour le dodo c'est chacun sa tente !

Tente bébé idéal pour le voyage à vélo

Dans notre souci de ne rien réserver à l'avance, on a privilégié le bivouac mais on ne s'est pas empêché de planter la guitoune dans quelques campings municipaux (une bonne douche ça fait du bien de temps en temps).

Pour la tente on a investit dans une 3 places, la MSR Mutha Hubba. Rien à redire sur le matos elle est spacieuse, se monte facilement et est assez légère pour une 3 places (2,3 kg). Le seul hic c'est son prix (250 €), mais bon comme toujours, il vaut mieux investir dans du matos qui va durer 10 ans que dans une tente qui tiendra à peine le voyage et qui prendra l'eau à la moindre averse.

Bivouac avec tente MSR

À cette tente familiale on a ajouté, une tente spéciale bébé que nous mettions à l'intérieur. Cela lui permettait d'avoir son espace et ça facilite les siestes de l'après-midi, pas besoin de monter la grande tente. On a essayé ce format deux fois avant de partir. Pour le challenge, on a tenté de le coucher sans sa tente la première nuit, pour voir...Il s'est endormi à 23h30...on a abandonné l'idée pour les nuits suivantes.


Nourriture : la semoule est notre alliée

Pique-nique au bord de l'eau

Nourrir bébé

Bon on va être honnête, il a mangé à température ambiante pendant 15 jours. Petits pots achetés au fil du voyage en croisant les doigts pour que ça ne tourne pas avec la chaleur. Il était encore au lait en poudre donc aucun problème pour la conservation du lait. 

Nourrir les grands

À la maison on aime préparer de bons petits plats mais en voyage on laisse nos tabliers d'apprentis cuistos ! Pour des questions de poids et de rapidité nous n'avons pas de réchaud, manger à température ambiante ne nous dérange pas ! On "cuisine" à base de semoule que nous faisons gonfler à l'eau froide (ça met juste un peu plus de temps) on rajoute ensuite légumes, protéines (sardines / maquereau / jambon sec /...), fromages du coin...


Fringues : juste le strict minimum

Tout doit rentrer dans 3 sacoches donc on a vraiment pris le minimum sachant qu'il faut caler les 2 matelas et 2 duvets dans les sacoches.

Les couches et le change

Le plus petit paquet de couches du marché, on achètera le reste sur la route. Pour le changer, on utilise des lingettes lavables. Le strict minimum !


Nos vélos et sacoches

Un Fahrradmanufaktur TX400 pour le papa qui traîne la remorque Thule Chariot Cab 2 et un vélo semi-course léger des années 80 pour la maman qui transporte les bagages (triples sacoches arrières Vaude). On emporte toujours un nécessaire de réparation : clés, kit crevaison, dérive chaîne (ça sert toujours, pour preuve on a cassé une chaîne sur le trajet).

Nos roues de vélos sont montées sur des Schwalbe : 0 crevaison (comme d'habitude) sauf pour la remorque, 2 crevaisons = Achat de nouveaux pneus au retour !


L'infernal retour en train

Retour en train TER

Le plan du retour n'était déjà pas évident mais il est rapidement devenu cauchemardesque.

De Riom nous devions changer à Nevers pour rejoindre Nantes par le TER Lyon-Nantes. À Nevers, le train de Nantes était à quai pour un départ dans les 10 minutes. Le temps pour nous de plier la remorque et de monter les vélos dans les rames qui disposaient de places (une chance) avec le petit en écharpe. Sauf que la contrôleuse n'a jamais voulu que la remorque monte dans le train car interdite. Alors oui c'est vrai les remorques vélos sont interdites dans les trains mais quand on fait l'effort de la plier pour qu'elle n'excède pas les dimensions autorisées d'un bagage et qu'il y a suffisamment de place dans le train avec un petit bout d'un an dans les bras c'est un peu fort en café. Bref, rien à faire sauf avoir des ennuis si on avait forcé le passage, on laisse partir le train complètement dépités... 

Nos billets n'étant pas échangeables ni remboursables, nous prenons quand même un TER, puis un autre pour rejoindre Tours et le Train Loire à Vélo jusqu'à Nantes.

Il nous aura donc fallu 4 trains pour rejoindre Nantes depuis Riom et 12 heures de voyage. Mais c'est aussi ça le voyage, des imprévus qui donneront lieux à des anecdotes à raconter aux copains.

Alors oui, transporter son vélo dans un train avec une remorque c'est quand même pas mal de stress, pour les prochains voyages en famille, on va plutôt opter pour des grandes boucles ou alors dissimuler la remorque dans un sac poubelle, à voir...

Un prochain voyage en perspective ?

C'est certain ! Mais où et quand, on le décidera sûrement au dernier moment comme... d'habitude ! On privilégiera sûrement des parcours en boucle.

Fin du voyage

Fietsroutekaart

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